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En 1790, André Désilles (André des Isles de Cambernon) est un jeune noble de 23 ans, breton, lieutenant au régiment du Roi à Nancy, ville de garnison. Les opinions dans l’Armée ressemblaient alors à celles de la nouvelle Assemblée : monarchistes, royalistes constitutionnels et jacobins.
Un an après la prise de la Bastille, la journée du 14 juillet à Paris fut marquante. Tous les
régiments et départements prêtèrent serment à la Constitution, devant Louis XVI et Marie-Antoinette, de l’Assemblée et en présence d’un peuple en délire. L’esprit de la révolte s’étendit.
La révolte gagna les rangs de l’Armée, « contre les ennemis de la liberté ». Le 12 août, le Roi publia à Nancy un décret disciplinaire, provoquant une baccanale généralisée dans les rues de la
ville. Un désordre qualifié de « crime de lèze-nation » par l’Assemblée. La garnison refusa de se soumettre et le marquis de Bouillé, général de l'armée de Meuse, Sarre-et-Moselle fut envoyé pour
mater les mutins.
Bouillé arriva le 31 août à Nancy dans un climat explosif. Au moment du face à face, André Désilles s’interposa en plaçant sa tête symboliquement devant la bouche d’un canon. « Ce sont des
Français, vos amis et vos frères… » hurle-t-il, « le boulet ne parviendra que teint de mon sang… »

La scène se passe sous la porte de Stainville, rebaptisée plus tard la porte André Désilles. Désilles s’accroche au canon, multiplie ses exhortations à la paix. Le destin s’accomplit en quelques secondes. Le feu retentit et celui qui deviendra le « héros de Nancy » est gravement touché. Il succombera à ses blessures le 17 octobre 1790, dans la célébrité et les honneurs, pour la tolérance et la paix.

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